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Legends Track Days in Athens

Bonjour,

voici le reportage du voyage extraordinaire de Bruno et Raspoutine lors des Legends Track Days in Athens organisé par Aldo en Octobre 2018.

Il n'y aura pas beaucoup de photos, tout juste 87, car cette aventure se vit hors d'un simple reportage alors il reste des places pour la prochaine édition ici.

Je donne la parole à Bruno.

@ + Bruno Pasqualaggi

Lorsqu'on a vécu des moments extraordinaires il est parfois difficile de les traduire sur le papier, il y a un tel mélange d'émotions personnelles.

Aussi, j'ai décidé de vous raconter cet événement sous forme d'un carnet de voyage.

La première fois qu'Aldo Wittenberg nous a présenté au Taz et moi, son projet de roulage en Grèce avec les champions du monde Giacomo Agostini, Freddie Spencer, Marco Lucchinelli et Carlos Lavado lors du Salon Moto Légende 2017, nous avons d'abord été incrédule puis nous avons été convaincu qu'il fallait en être et puis Aldo voulait que je vienne et il est difficile de résister à Aldo.

Au mois de mars, grace au Taz, j'ai trouvé mon co-pilote en la personne de Serge "Raspoutine" Vollard qui souhaitait aller rouler là-bas avec sa Vincent. Je ferai donc la route avec lui à bord de son superbe Peugeot Traveller.

Le samedi 6 octobre, après avoir passé la journée au Mondial, nous nous retrouvons chez l'ami Fred près de Montlhéry.

Le dimanche matin, nous prenons la route vers Ancone où nous devons être lundi soir. Jusqu'à Lyon, ce n'est que du trajet, pour moi le voyage commence vraiment après, Chambéry, Modane, le col du Mont Cenis puis l'Italie, Susa et Turin. Dans la soirée, à proximité de Piacenza, je passe le volant à Raspout afin de trouver un hébergement pour la nuit. Ce sera une chambre d'hote à Codogno, dans un pavillon moderne, avec un très bon accueil du propriétaire.

Le lundi, départ en direction d'Ancone, nous passons à Bologne, Imola, Cattolica puis nous bifurquons vers un petit village nommé Tavullia pour un premier pèlerinage. Après une balade, nous mangeons, très bien, à la Pizzeria Da Rossi, nous dégustons une glace à la Gellateria Rossi et nous visitons le siège du Fan Club Valentino Rossi. Après un détour au ranch VR46, nous reprenons la route vers Ancone où nous arrivons en fin d'après-midi.

A l'hotel nous retrouvons petit à petit les autres participants, certains déjà connus et d'autres avec lesquels nous faisons connaissance. En plus des français, il y a des suisses, des allemands, des autrichiens, des tchèques, des slovaques, des belges, des espagnols et des italiens, mais tout ce petit monde parle un langage commun, la passion de la moto. Un peu plus tard, c'est l'arrivée d'Aldo et de Karine son assistante, accompagnés de Marco Lucchinelli. Ensuite, c'est Freddie Spencer et Alexandra qui se présentent.

Aldo qui coure dans tous les sens pour organiser notre groupe nous annonce une mauvaise nouvelle, Carlos Lavadone sera pas du voyage car en raison de la situation au Vénézuela, son passeport n'a toujours pas été renouvelé et il est bloqué en Italie. Giacomo Agostini, accompagné de sa femme et de son fils Pier Giacomo, nous rejoindra le vendredi soir car entre temps, il a été invité à une célébration par "La Gazetta dello sport", une institution en Italie.

Premier repas tous ensembles, nous remplissons le restaurant et l'ambiance commence à monter, les langues se délient et les vannes motardes commencent à fuser. La soirée se termine au bar de l'hotel avec Marco, Aldo et d'autres participants. On n'oublie pas la dégustation du chocolat de Stéphane Bonnat, maitre chocolatier et lui aussi champion du monde, et participant avec sa Ducati, une tuerie.

Le lendemain matin, après qu'Aldo ait réglé les divers problèmes administratifs d'embarquement,le convoi s'ébranle vers la gare maritime. C'est un remake du Continental Circus, voitures, remorques, fourgons et camping-cars se positionnent en attente de l'embarquement à bord de l'Olympic Champion de l'Anek Lines. Ça discute, ça papote, on continue de faire connaissance et c'est l'heure d'embarquer. Jetons un voile pudique sur l'installation des véhicules dans les cales, c'est l'organisation méditerranéenne même si on est sur l'Adriatique...

Nous nous installons dans nos cabines, la traversée dure 24 heures. Avec Raspout nous partageons une cabine située sur l'avant du bateau avec une superbe vue. La mer est belle, le temps est magnifique et la croisière s'amuse. La journée se passe entre resto, balades sur le pont et discutions.

On continue à découvrir nos compagnons de voyage, il y a le groupe des Angevins, le Green Team avec Daytonany, Rickman, Naps, Piaf et Tricati, le couple Bernard et Valérie, bien connus des Amis du Challenge Honda, les allemands Heinz Geith, avec sa fille Maria, 17 ans, et son copain Jonas, 18 ans et bien d'autres. Personne ne reste dans son coin et les groupes se mêlent et se font et défont au fil des discutions qui vont bon train. Marco et Freddie font aussi partie des groupes et se montrent plus qu'accessibles.

Le soir, une partie du pont est privatisée et nous fêtons les 70 ans de Rickman avec musiques et boissons. Puis chacun regagne sa cabine, à une heure plus ou moins tardive, pour gouter à un repos bien mérité, bercé par le bruit des machines.

Le lendemain, après un dernier repas à bord, nous débarquons à Patras, Grèce nous voilà.

Le convoi du Continental Circus prend la route, ou plutôt l'autoroute en direction de Corinthe et de son canal puis ensuite, c'est l'arrivée au circuit de Mégara. Nous y sommes accueillis par Sotiris et Cathy qui s'occupent du circuit. Ceux qui ont choisi l'option paddock s'installent. La Vincent trouvera un abri parmi les anglaises du Green Team, ce qui nous évitera de la charger tous les jours.

Aldo conduit ceux qui ont choisi l'hôtel au superbe Club Hôtel Loutraki où nous prenons possession de nos chambres avec Marco et Freddie comme voisins. L'hôtel est magnifique, au bord de la plage avec plusieurs piscines et jardins mais nous n'aurons pas le temps d'en profiter. Le soir nous nous retrouvons tous pour une soirée dans un restaurant de Mégara.

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Le jeudi matin, un bus nous attend pour une visite d'Athènes. Nous avons un guide en la personne de Mme Papapetuopanayopoulos mais qui nous dit que nous pouvons l'appeler Julia. Nous avons la chance d'assister à la relève de la garde des Evzones devant le Tombeau du Soldat Inconnu, puis nous visitons le stade Olympique et après nous être restaurés au pied de l'Acropole, inaccessible en raison d'une grève des gardiens, nous visitons le très moderne Musée de l'Acropole en bénéficiant des commentaires passionnants de Julia. Un peu de culture est bienvenue dans ce monde mécanique.

       

Vendredi matin, les choses sérieuses commencent et tout le monde est sur le pied de guerre au circuit. Il y a trois catégories et il est prévu huit roulages de 20 mn par jour et par catégorie, pour une fois si les participants renâclent c'est à cause des cadences infernales et non du manque de roulage.

Le circuit est comparable à Carole, mais sans dénivelé, pris entre des voies ferrées et une base d'hélicoptère de l'armée grecque. Des pilotes locaux sont venues renforcer notre petite armada et les séries s'enchainent sans répit ni incident. Marco et Freddie roulent avec tout le monde et Freddie retrouve son rôle d'instructeur en prodiguant ses conseils à tous et à toutes (n'est-ce pas Annie), montrant les bonnes trajectoires et les positions correctes. Parmi les participants, il y a le suisse Jean Claude Castella, habitué des Coupes Moto Légende, ancien pilote de side en Grand Prix, qui tourne maintenant avec l'AJS 7R de son père et qui nous régalera de ses nombreuses anecdotes du Continental Circus. Il y a aussi Peter Balaz, ancien pilote d'usine Jawa et MZ, 10 fois champion de Tchécoslovaquie, qui courut aussi quelques GP, il est accompagné de son ami Antonin Kruzik qui pilote une superbe Jawa 4 cylindres Usine.

A l'heure de la pause repas, Freddie emmène quelques téméraires en passager pour des tours de piste. La journée se passe entre roulages et discutions, le tout dans une super ambiance. Dans la soirée Giacomo Agostini arrive à l'hôtel accompagné de sa femme Maria et de son fils Piergiacomo. Nous sommes un petit groupe pour l'accueillir et prolonger la soirée. Quant au début de l'article, je parlais de moments extraordinaires, celui-ci en était un : se retrouver au bar de l'hôtel à discuter avec Ago et Marco et pas du tout de moto, souvenir inoubliable.

Le samedi et le dimanche se passent comme dans un rêve, des roulages, des discutions avec Marco, Giacomo ou Freddie. Marco et Giacomo racontent leur première course, dernier pour Marco qui finira quand même champion du monde 500 en 81, second pour Giacomo avec sa moto de routeMorini Settebello, encore munie de sa boite à outils. Et il y aura bien d'autres anecdotes : Marco qui chante ses chansons aux pieds de Maria Agostini, (hé oui, il a enregistré un CD) (Aldo en a encore quelques-uns), Giacomo qui explique comment il a compris que son fils ne suivrai pas ses traces.

Malgré cela Piergiacomo tourne sur la piste et nous avons deux Ago qui encadrent Marco et Freddie. Les participants sont ravis de rouler avec ces légendes qui ne ménagent pas leur peine pour faire plaisir à tout le monde. Freddie nous indiquera avoir mis 400 km de plus au compteur de la Honda qu'il pilote et ce en une seule journée.Ago continue d'impressionner en enchainant quatre machines différentes : sa 500 MV3 de GP, la MV F4 800, la Yamaha R1 et la Ducati V4 Panigale.

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Sélecteur à droite, à gauche, vitesses inversées ou non, Ago enchaine les tours. Freddie joue toujours les professeurs et Marco s'amuse sur la piste et en dehors.

Lui qui était un peu distant au début, s'est ouvert et paraît bien apprécier notre compagnie et les discutions que nous avons ensemble.

Le samedi soir, repas organisé par Aldo dans un restaurant sur les hauteurs de Loutraki, où tout le monde se retrouve et passe encore une super soirée, malgré les quelques travers de la restauration grecque qui semble un peu lente.

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Pour la dernière session du dimanche, les français se regroupent devant et exécutent un tour d'honneur pour saluer les commissaires, initiative appréciée car apparemment n'existant pas en Grèce.

Puis, c'est la dernière soirée ensemble dans un restaurant surplombant la mer, champagne et plats locaux ne nous font pas oublier que c'est la fin, beaucoup d'émotion lors de cette soirée. Ago et sa famille ainsi que Freddie et Alexandra reprennent l'avion le lendemain et seul Marco nous accompagne jusqu'à Ancone.

Les adieux commencent car certains vont rester et faire du tourisme en Grèce pendant quelques jours.

         
         
         
         
         

Le lundi matin, dernier petit déjeuné à l'hôtel avec les champions, comme disait mon colocataire : "Je vais arrêter l'herbe qui fait rire, j'ai des hallucinations, ce matin j'ai vu Freddie Spencer dans l'ascenseur,j'ai croisé Marco Lucchinelli au buffet et il y a Ago qui boit son café en face de moi." Dur le réveil.

Il faut reprendre la route, on s'arrête au Canal de Corinthe faire un peu de tourisme puis direction Patras où nous nous retrouvons pour embarquer en fin d'après-midi.

Le temps continue à être beau, la mer est calme et la traversée se passe aussi bien qu'à l'aller avec les mêmes activités mais un peu plus de nostalgie car c'est la fin. Mais tout le monde espère se retrouver l'an prochain. Aldo est applaudi par tout le monde pour avoir réussi une telle organisation.

A l'arrivée à Ancone, il pleut, le temps est en accord avec nos pensées. Derniers adieux sur le quai et chacun reprend sa route.

Pour Raspout et moi, c'est à nouveau direction Tavullia où nous avons réservé une chambre chez l'habitant, juste au-dessus du ranch de Vale, à la Stada dei Frutteti. En arrivant nous causons une frayeur à la mama qui tient le gite car apparemment sa fille qui gère les réservations internet à oublier de la prévenir.

Nous réussissons à nous expliquer et elle nous montre le logement, deux chambres, une salle de bain à l'italienne et une grande cuisine, c'est plus qu'il nous faut. Alors, pendant qu'elle nous prépare les chambres, nous retournons manger à la Pizzeria Da Rossi et après une balade dans Tavullia by night nous regagnons notre gite pour un repos bien mérité.

Mercredi, après une dernière promenade à Tavullia nous nous dirigeons à Coriano, ville de Marco Simoncelli, où nous visitons le musée et les divers lieux qui lui sont dédiés, visite très émouvante.

De nouveau c'est la route, destination cette fois la banlieue de Milan pour une visite au Moto Club Bustese, un des plus anciens d'Italie. Puis direction Turin, et recherche d'un hébergement, cette fois ce sera dans une superbe bâtisse du 17° siècle, très bien arrangée par sa propriétaire, le"Lunafragola Atelier" à Candia Canavese. Malgré quelques petites mésaventures, nous y passons une très bonne nuit.

Après un copieux petit déjeuner nous prenons congé de notre sympathique hôtesse et reprenons la route pour la France. Un dernier arrêt à Susa puis on attaque le Mont Cenis, la descente sur Modane puis le monotone retour à Paris.

J'espère que ce récit vous donnera envie de vous joindre à nous pour la deuxième édition du 24 au 30 septembre 2019, cette fois au circuit de Serres, toujours en Grèce.

Aldo prévoit la présence de Giacomo Agostini, Freddie Spencer, Marco Lucchinelli, Carlos Lavado, Phil Read et Gianfranco Bonera, encore des moments extraordinaires en perspective.

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Alors vivement l'édition 2019 !

Crédit Photos : Bruno Laurent (Retouches photos et mise en page Bruno Pasqualaggi)

@ + Bruno Laurent Pour Sport Moteur International



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